• Blaise Claudius Allias (01/03/1863 – 30/11/1928) dit Claudius est né le 01 Mars 1863 à Artonne.

    Blaise Claudius Allias Naissance

    Il a été reconnu bon pour le service par le conseil de révision, mais dispensé de service militaire, «frère au service».

    Blaise Claudius Allias Registre matricule

    Comme son père il a exercé le métier de serrurier après une formation dans le cadre du compagnonnage, comme le prouve son chansonnier, malheureusement non daté. Nous ne connaissons pas non plus son surnom de compagnon.

    NB - A propos de compagnonnage, voir les précisions/corrections apportées sur la page compagnons-oui-ou-non

    Blaise Claudius Allias Chansonnier

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    Lettre de Claudius à ses parents, en date du 20 Novembre 1882, il a alors 19 ans. Il y parle de quelqu'un qui a eu l'escorbu (le scorbut ?) mais a juste oublié de préciser de qui il parle frown

     Claudius Allias à ses parents

     Claudius Allias à ses parents

    Ce document confirme la lettre précédente de Claudius.

    Blaise Claudius Allias

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    Nous savons qu'il a réalisé la croix artistique lors de la rénovation du clocher de l'église d'Artonne au début du XXe siècle, ainsi que l'atteste une série de cartes postales d'époque dont voici quelques exemplaires.

    La croix artistique de Claudius Allias

    La croix artistique de Claudius Allias

    Le clocher de l'église a été changé dans les années 1960, mais la croix de Claudius l'orne toujours, ainsi que le montre cette photo actuelle :

    La croix de Claudius Allias

    C'est lui qui a été chargé en 1926 de la grille qui entoure le monument au morts de la commune d'Artonne qu'on peut voir ci-dessous:

    Monument aux Morts

    Il a également posé des tuyaux de fonte permettant d'amener l'eau aux fontaines du village, témoin ce marché passé le 2 décembre 1900 entre Claudius Allias et le maire de l'époque Olivier Roux, concernant la fontaine de Monjoli. Tout y est précisé : la commune réalisera les tranchées, fournira le ciment et le plomb des joints, le plombage et les joints de la conduite seront réalisés sous la responsabilité de Claudius Allias, le tout dans un délai très précis.

    Marché Mairie 02/12/1900

    Marché Mairie 02/12/1900

     

    D'après les documents dont nous disposons il a réalisé des portails métalliques, des grilles d'escaliers et de balcons, une facture de 1897 parle même de pose et réparations de sonneries ! Il a également exécuté des grilles entourant certaines tombes que nous pouvons encore voir au cimetière. Il ajouta ultérieurement à sa panoplie les fournitures et réparations de bicyclettes, voire de machines agricoles. Maniant les métaux avec la dextérité qu'on peut imaginer il est également le maréchal-ferrant du village.

    Voici deux en-têtes de lettres montrant l'évolution de ses activités au fil du temps .

    En-tête

    En-tête

     

    C'est lui qui a réalisé la grille entourant le tombeau de Mme Anne Drouaillet Vve Boillot entre 1894 et 97, comme l'atteste la facture ci-après, ainsi que son nom sur cette grille.

    Facture Anne Drouaillet Vve Boillot

    Blaise Claudius Allias

     

    Pour la petite histoire ce tombeau est ensuite revenu à notre famille.

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    Nous apprenons que lors du recensement de 1876, Claudius, alors âgé de 13 ans, est domestique chez Gilbert et Anne Boillot*, Il suit ainsi les traces de son frère Jules qui l'était au recensement précédent de 1872.

    * Sur la famille Boillot, voir le chapitre qui lui est consacré vous-avez-dit-boillot.

    Recensement 1876

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    Claudius a épousé le 19/11/1885 à Artonne Françoise Mélanie Tourret, née le 28/03/1858 à Lapeyrouse (63700).

    Allias Claudius Tourret Mélanie Mariage 1

    Allias Claudius Tourret Mélanie Mariage 2

    Mélanie était sage-femme et a probablement contribué à la naissance de nombreux artonnois jusqu'à son décès en 1926. Nous reviendrons sur la famille Tourret dans un autre chapitre.

    D'après le recensement de 1886, Claudius et Mélanie vivent seuls dans la maison.

    Recensement 1886

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    Claudius et Mélanie ont eu deux enfants : Joseph Hélie dit Elie, né le 24/07/1886, ingénieur des arts et métiers à Cluny, tué à l'ennemi le 30/10/1914 à Fontenoy (Oise) ; et Anne-Marie Marcelle, née le 23/08/1893, qui épousera le 27/11/1919 Auguste Desnier. Mais ceci est une autre histoire ...

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    Regardez bien le tableau ci-après, celui du recensement de 1896

    Recensement 1896

    Dans la famille de Claudius Allias on trouve bien entendu sa femme Mélanie et ses enfants Elie et Marcelle, mais aussi son "petit" frère Joseph, serrurier, alors âgé de 20 ans. S'il est resté longtemps chez son frère, cela peut expliquer les liens forts qui existaient entre Joseph et Marcelle et les nombreuses lettres qu'ils ont échangées au cours de leur vie.

    Voici le tableau du recensement suivant, en 1901

    Recensement 1901

    Elie est parti, pensionnaire à Clermont-Ferrand, Joseph aussi, il s'est engagé dans l'armée, mais Claudius a un apprenti âgé de 17 ans, du nom de Henri Roussel.

    Au recensement suivant, en 1906 Claudius a un autre apprenti

    Recensement 1906

    Celui-là s'appelle Henri Méleux, originaire de Lapeyrouse, le village de Mélanie. Né en 1890, il a donc 16 ans. Pris de curiosité, compte tenu de son année de naissance, je suis allé vérifier sur les registres matricules de l'Armée pour la classe 1910 ... et il n'y a pas de Henri Méleux dans le Puy-de-Dôme. Par contre il y a un Henri Méloux, né le 15 Février 1890 à Lapeyrouse. Nous le connaissons bien, c'est un neveu de Mélanie Tourret. Je pense qu'il y a eu une erreur dans la transcription de son nom sur la fiche de recensement et vous renvoie donc à la page déjà écrite sur lui henri-meloux. Et c'est donc son neveu que Claudius a formé.

    En 1911 Claudius a un nouveau compagnon

    Recensement 1911

    Il s'appelle Claude Jean Baptiste Onzon, originaire de Beauregard-Vendon. Quant à Marcelle, elle est pensionnaire à Clermont-Ferrand.

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    Claudius meurt le 30 Novembre 1928, à l'âge de 65 ans.

    A cette occasion vous trouverez ci-après un extrait du journal  Le Courrier du Puy-de-Dôme du samedi 15/12/1928 relatant ses obsèques. Cet article est intéressant car il décrit bien l'homme que l'on vient de perdre, même si le dernier paragraphe me semble un peu trop ... lyrique, l'auteur du discours s'étant manifestement laissé emporter par sa muse !!!

    Claudius Allias obsèques

    Claudius Allias obsèques


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  • Quelques photos de la famille de Claudius et Mélanie Allias

    Claudius Allias Quelques photos

     

    Communion Marcelle Allias 1905

    Communion Marcelle Allias 1905

     Claudius et Mélanie entourent Marcelle lors de sa communion en 1905. Derrière elle son frère Elie.

     

    Familles Allias et Bennegent

    Les familles Allias et Bennegent
    Assis : Claudius Allias, Etiennette Bennegent, Clémence Arnaud, Mélanie Allias.
    En retrait : grand-père Joseph Allias, devant lui Marcelle Allias.
    Le reste : famille Bennegent, amis de Mélanie


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  • Vous trouverez ci-après une lettre datée du 17 Décembre 1901, adressée à Claudius par un certain Jean Bourlet. Il se trouve que cet homme a été témoin au mariage de Jean Joseph Gilbert Allias, boucher à Artonne, et de Marie Vitaline Bourlet le 17 Août 1897. C'est l'oncle de la mariée et il est alors présenté comme "Directeur des Forges et Chantiers de la Méditerranée" à Paris.

    Le marié est un cousin éloigné, il faut remonter aux années 1700 pour retrouver les deux frères.

    Mariage Allias-Bourlet

    Claudius a manifestement contacté Jean Bourlet, qui semble venir régulièrement à Artonne, pour lui demander de lui trouver un emploi à Paris. Les temps sont-ils si durs pour un serrurier à Artonne ?

    Nous sommes en Décembre 1901 et Claudius a 38 ans. La réponse claque comme un coup de fouet : trop vieux ...

    Bourlet à Claudius

    Bourlet à Claudius

    Bourlet à Claudius

     

    En cas de réponse positive Claudius serait-il parti avec femme et enfants ? Et pourtant à la rentrée scolaire suivante Elie entamait son cursus à Cluny.

     


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  • Saviez-vous qu'en plus d'être serrurier, Claudius Allias pouvait aussi, à l'occasion, être aussi ... horloger?

    Témoin cette histoire relative au renouvellement de l'horloge du clocher d'Artonne en 1912, tirée d'un article à paraître dans "Limagne Nord", la revue de l'association Initiatives et Idées.


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  • J'ai écrit, dans les pages correspondant à Joseph Allias père et à Claudius Allias qu'ils avaient tous les deux appris leur métier de serrurier dans le cadre du compagnonnage en effectuant leur tour de France.

    Je dispose maintenant d'informations qui me permettent de tempérer ou de modifier ces affirmations.

    En cherchant sur internet  les nouveautés de sites un peu spécialisés en généalogie, j'ai trouvé que celui du Musée du Compagnonnage de Tours dispose maintenant d'un moteur de recherche permettant de trouver d'anciens compagnons. J'ai donc tapé Allias sur ce moteur et ... Bingo!! Il m'a sorti un Joseph Allias que vous voyez ci-après.

    Allias Joseph Charron

    Vous avez compris, ce n'est pas notre Joseph, mais ... si vous regardez bien la page intitulée les ancêtres Allias vous verrez que notre Joseph avait deux frères qui s'appelaient Blaise, qui ont tous deux quitté Artonne pour s'installer, le premier à Gannat comme maréchal-ferrant, le second à Saint-Myon comme charron.

    Ce dernier s'est donc établi, s'est marié et a eu un fils qu'il a appelé ... Joseph. Voilà notre homme ! En fait il a eu 2 frères plus jeunes, Jules Adrien et Julien Elie. Je suis de votre avis, on n'allait pas chercher les prénoms bien loin à cette époque yes

    Clermont le Résolu est donc un neveu de notre Joseph et un cousin de Claudius. Il a été admis comme Compagnon charron à Tours le 25/11/1883, deux mois avant ses 20 ans.

    Si vous voulez en savoir plus sur le métier de charron vous pouvez cliquer sur le lien suivant, trouvé sur le beau site Regards et vie d'Auvergne «les-metiers-et-corporations-dhier».

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    Muni de ce renseignement j'ai pris contact avec le Musée du Compagnonnage et j'ai eu plusieurs échanges avec son directeur, qui m'a bien éclairé sur le sujet.

    Il m'a indiqué tout d'abord que notre aïeul Joseph, dit Joseph le Clermont a très probablement été Compagnon du Devoir, en se basant sur son chansonnier, dont je lui ai communiqué une copie.

    Par ailleurs il m'écrit ceci :

    Je vais interroger un autre compagnon, responsable du centre de la Mémoire des compagnons à Angers. Mais il faut savoir que les CC. serruriers du Devoir constituaient une société assez peu nombreuse, discrète, dont toutes les archives ne nous sont pas parvenues ou sont encore conservées chez les compagnons, et non accessibles. Surtout pour des périodes assez anciennes comme celles des deux CC. Allias. Là encore, je vous tiens au courant de la réponse de mon correspondant.

    ...

    A toute fin utile, je vous signale que les CC. serruriers du Devoir étaient en général reçus compagnons à la St-Pierre (leur saint patron, porteur de clefs dans l’iconographie chrétienne) ou à la Noël. Ils effectuaient leur tour de France en passant par les habituelles grandes villes-sièges : Lyon, Paris, Orléans, Tours, Nantes, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Marseille. Ils étaient le plus souvent reçus compagnons à Lyon, Tours, Nantes ou Bordeaux. Leurs « couleurs » (rubans) se portaient à la boutonnière.

    ...

    C’est une très bonne chose que vous ayez conservé dans votre famille les chansonniers des deux CC. serruriers Joseph et Blaise Allias. Ces documents nous renseignent sur les chansons alors chantées par les compagnons de leur métier. On en découvre toujours de nouvelles (près de 2000 ont été recensées pour les XIXe et XXe siècles). Je conserve au musée une 20e de chansonniers manuscrits de compagnons de divers métiers et ce sont des documents fort intéressants, parfois illustrés.

    ...

    La date du 21 octobre 1858 est difficile à interpréter. Elle me paraît plutôt correspondre à la  rédaction du cahier de chansons, au recopiage en un cahier de chansons dispersées (peut-être ?) sur des feuilles volantes. En tout cas il ne s’agit pas d’une date correspondant à une fête liée aux CC. serruriers du Devoir. Ce n’est pas la date de sa réception, d’une part pour la précédente raison et d’autre part parce qu’il était « âgé » à cette date ; or, les CC. serruriers étaient plutôt reçus entre 19-23, 24 ans. Ils avaient déjà derrière eux, à cet âge, plusieurs années de pratique dans leur métier car ils avaient commencé tôt leur apprentissage (13-14 ans). 

    ...

    Comme je vous l’écrivais dans un précédent mail, les archives compagnonniques sont très lacunaires ; beaucoup ont été détruites,  perdues ou dispersées au fil des décennies. Les CC. serruriers constituaient un petit corps compagnonnique, assez fermé et élitiste, qui communiquait peu avec les autres « grands » corps comme les charpentiers, les maréchaux, les charrons, les menuisiers. Souvent, d’ailleurs, leurs sièges étaient communs avec  ceux des CC. menuisiers du Devoir, et leurs usages rituels étaient similaires.

    ...

    En PJ un détail de la lithographie « Le Compagnonnage illustré » par Agricol Perdiguier (1858 : donc contemporaine de J. Allias), où sont associés un C. menuisier DD et un C. serrurier DD. Ils portent leurs « couleurs » à la boutonnière et de  petites cannes. 

    Vous trouverez ci-dessous la gravure en question :

    Compagnons du Devoir

    Il est donc probable que Joseph le Clermont ait été Compagnon Serrurier du Devoir, peut-être a-t-il été intronisé à Lyon en 1858.

    Mais le 31 Mars 2016 mon correspondant me transmettait le document suivant :

    Il n’a pas (encore) été retrouvé mention de la réception de Joseph ALLIAS à Lyon ou ailleurs, mais sur le livre de Lyon figure une mention qui pourrait bien le concerner, et que je ne vais évidemment pas ajouter à sa notice. Vous trouverez en PJ le scan de cet écrit, qui nous dit ceci :

     (Il a été décidé) « Que le Pays Joseph le Clermont Compagnon de Lyon soit écrit en renégat et en fripon et à ne jamais rentrer parmi les Compagnons ni même à être refondu pour s’être refusé à faire le Devoir et pour avoir violé les affaires des compagnons.

    Lyon, le 27 novembre 1858

    Fulcrand le Languedoc

    Louis le Berry

    Pierre le Dauphiné

    Edmond le Languedoc »

     Ce qui signifie que Joseph le Clermont a commis une faute grave : se refuser à faire le Devoir, c’est refuser d’exécuter un rite essentiel entre compagnons, une accolade fraternelle, et avoir violé les affaires des compagnons, c’est sans doute avoir divulgué les discussions des assemblées de compagnons ou des rites, qu’un compagnon jure de ne pas révéler à quiconque n’est pas compagnon.

    La sanction est sévère. Chez les serruriers DD et les menuisiers DD, être « écrit en renégat et en fripon » signifie que cette sanction est transmise dans tous les sièges du tour de France et interdit au compagnon de bénéficier des secours de sa société. Il est radié et ne peut être réintégré (« refondu »).

    Désolé de ne vous transmettre que cette information. Maintenant, que s’est-il passé au juste ? les archives sont muettes.

    Joseph le Clermont

     

    Voilà, vous en savez autant que moi, notre ancêtre a donc été radié le 27 novembre 1858.

     

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    J'ai également envoyé à mon correspondant une copie du chansonnier de Claudius Allias, et voici sa réponse :

    Merci pour l’envoi via Dropbox du chansonnier de Claudius Allias. On est en effet dans un registre différent car il n’y a aucune chanson compagnonnique. Ce qui me fait douter qu’il ait été reçu compagnon.

    Ce sont toutes des chansons profanes, comme on dit chez les compagnons, mais elles n’en sont pas moins de grand intérêt. En effet, elles attestent bien que Claudius était d’opinions républicaines, assez « engagé » (il y a une chanson sur la Commune, ce qui est rare).

    Le nombre de chansons qui circulaient au 19e s. est absolument énorme. Tout le monde se composait un petit recueil de celles qui plaisaient le plus et les interprétait à la fin des banquets et des fêtes, ou au travail. Elles reflètent une époque, ses courants de pensée, les opinions de ceux qui ont créé leur recueil.

    Les cahiers d’écolier de la 2e moitié du 19e s. étaient très souvent agrémentés d’une carte de France, pour apprendre la géographie aux enfants et les pénétrer qu’ils étaient membres d’une nation une et indivisible. Ce fut tout le travail de la IIIe République d’uniformiser les populations en faisant passer les enfants dans le moule républicain de l’école laïque et obligatoire, et en apprenant aux enfants à parler français avant leur langue provinciale.

    C’est vraiment une bonne chose que tout cela ait été conservé au sein de votre famille. Ce sont de petites miettes de la grande Histoire… Mais elles ont de la valeur !

    Je n'ai pas d'autre information pour l'instant, mais on peut douter que Claudius ait été Compagnon, surtout après la mésaventure arrivée à son père !!!

    Quoi qu'il en soit j'irai visiter le Musée du Compagnonnage lors de ma prochaine visite à Tours ! En attendant vous pouvez accéder au site internet du musée en cliquant ici museecompagnonnage.fr Pour chercher un compagnon, cliquer sur l'onglet Généalogie, puis suivre le moteur de recherche.

     

     


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