• Toute la famille a entendu Marcelle Allias parler de Madame Boillot à qui elle vouait une certaine vénération. Je vous en parlerai plus tard, pour l'instant il s'agit d'une lettre adressée à son mari Gilbert le 25 Février 1848. Cette date ne vous dit rien ? Alors je vous invite à relire vos livres d'histoire (ou Wikipedia !). Elle nous ramène à la révolution de 1848 qui a marqué la fin du règne du roi Louis-Philippe et l'instauration de la Deuxième République.

    Gilbert Boillot  habite encore à Dijon et son correspondant, qui signe "ton avoué" l'informe des dernières évolutions politiques. Vous pouvez vérifier, les noms indiqués pour les membres du gouvernement sont bons !!!

     

    Lettre à Gilbert Boillot du 25/02/1848

     Lettre à Gilbert Boillot du 25/02/1848

    Lettre à Gilbert Boillot du 25/02/1848

     


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  • Toute la famille a entendu Marcelle Allias parler de la famille Boillot, et notamment de "Madame Boillot", qu'elle prononçait "Boileau".

    Elle en parlait d'ailleurs toujours avec un peu d'émotion dans la voix. Visiblement cette dame avait beaucoup compté pour elle. J'ai donc cherché à en savoir un peu plus sur cette famille, et en fouillant dans les papiers familiaux, j'ai trouvé une série de documents et d'actes notariaux relatifs aux Boillot. Internet aidant, je vais donc essayer de vous raconter leur histoire.

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    Le couple Boillot habitait à Artonne une maison voisine de celle de Claudius Allias, ce qui a probablement favorisé des liens d'amitié au fil des années. Cette famille n'était à priori pas originaire de la commune, pas même de la région. Mais vous allez voir qu'il ne faut pas se fier aux apparences.

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    Gilbert Thomas Boillot est né le 13/10/1816 à Besançon (Doubs) ainsi que l'indique son acte de naissance.

    Gilbert Thomas Boillot Naissance

    Il est le fils de Pierre Marie, ancien officier d'Empire "en non activité" et de Claudine Rozier. Vous en apprendrez plus sur les origines de la famille Boillot dans le chapitre qui lui est consacré. On relève au passage que l'acte de naissance est pré-imprimé, ce qui est plutôt rare à cette époque.

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    Anne Drouaillet est née le 15/05/1823 à Mirebeau-sur-Bèze (Côte d'Or), gros bourg situé à une vingtaine de kilomètres à l'est de Dijon, dans ce qu'on appelle le Val de Saône. Voici son acte de naissance.

    Naissance Anne Drouaillet

    Elle est la fille de Louis Joseph, huissier à Mirebeau, et de Jeanne Blancard. Nous en apprendrons aussi plus sur la famille Drouaillet dans le chapitre qui lui est consacré.

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    Gilbert Thomas Boillot et Anne Drouaillet se marient à Dijon le 6 mai 1839. L'acte de mariage se trouve ci-après, établi sur deux pages :

    Mariage Boillot-Drouaillet 01

    Mariage Boillot-Drouaillet 02

    Nous disposons aussi d'un certificat de mariage établi par la mairie de Dijon :

    Certificat mariage Boillot-Drouaillet

    Nous avons également le contrat de mariage établi le matin-même par devant Maître Antoine Gaspard Joliet, notaire à Dijon.

    Contrat mariage Boillot-Drouaillet

    Contrat mariage Boillot-Drouaillet

    Contrat mariage Boillot-Drouaillet

    De ces documents nous relevons plusieurs informations intéressantes. D'abord, nous apprenons que les parents Boillot habitent à Seurre, bourgade du val de Saône situé non loin de la banlieue dijonnaise, située au sud-ouest de la ville, entre Beaune et Dijon. Gilbert Thomas est âgé de 22 ans lors de son mariage, il exerce à Dijon la profession de marchand de couleurs. Son fonds de magasin est estimé à 22 000 francs, "dont il redoit une somme de 19 000 francs". 

    Anne Drouaillet pour sa part n'a pas tout-à-fait 16ans à son mariage (il manque une semaine), elle est orpheline de père et de mère, et donc sous la tutelle de sa grand-mère Anne Claude Boilly, seule aïeule survivante, et de sa sœur Anne Claude, mariée à François Xavier Bader, facteur de pianos à Dijon. C'est ce dernier qui est son tuteur officiel. 

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    Après le mariage les deux sœurs Anne Drouaillet (ou plutôt leurs maris respectifs) et leur grand-mère Anne Claude Boilly vendent les biens immobiliers (terres et maisons) provenant de l'héritage de leurs parents à Mirebeau. Nous disposons d'un acte récapitulant cette vente en date du 27/09/1839 pour la somme de vingt mille cinq cents francs, payables en cinq ans. On ne connait pas la répartition de cette somme entre les trois vendeuses.

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    Voilà donc nos jeunes mariés installés à Dijon comme marchands de couleurs.

    Le couple va bientôt donner naissance à un fils, Gilbert Henri Victor, né le 13 janvier 1840 à Dijon.

    Boillot Gilbert Henri Victor Naissance

    Boillot Gilbert Henri Victor Naissance

     

    Je n'ai pas trouvé trace d'autres enfants, ni à Dijon ni ailleurs. Nous reparlerons ultérieurement de ce fils, pour en savoir plus sur lui vous pouvez aller directement à la page «henri-boillot-a138385632»

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    Cliquez sur le lien pour la page suivante «origines-de-la-famille-boillot»

     


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  • Nous savons que Pierre Marie Boillot est le père de Thomas Gilbert. Il est né à Delle le 09/06/1788. Cette ville se trouve aujourd'hui dans le Territoire de Belfort (90), mais jusqu'en 1870 elle se trouvait dans le Haut-Rhin.

    Son acte de naissance (rédigé en latin ! on passera au français dans cette commune l'année suivante !!!) se trouve ci-dessous.

    Pierre Marie Boillot Naissance

    Il est le fils de François et de Magdeleine Ferriot (ou Fériot, l'orthographe n'est pas fixée). Nous avons une copie de l'acte de mariage de ce couple qui s'est marié à Baume-les-Dames (Doubs) le 25/11/1883.

    Boillot Ferriot Mariage

    Boillot Ferriot Mariage

    Boillot Ferriot Mariage

    François Boillot  est mort le 12/08/1797 (25 Thermidor An V) à Belfort où il était "Obergiste", c'est ce qu'indique son acte de décès reproduit ci-dessous. Il aurait alors 56 ans, ce qui situe sa naissance vers 1741.

    François Boillot Décès

     

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    On retrouve quelques années plus tard Pierre Marie comme enrôlé volontaire au 69ème régiment d'infanterie de ligne le 5 Nivôse An 12, soit le 27 décembre 1803. Il a à peine plus de 15 ans 1/2. 

    Il est nommé caporal le 01/01/1807, puis caporal-fourrier le 15/01/1807. Nous le trouvons sergent le 11/11/1809, puis sergent-major le 15/03/1811 et adjudant le 26/05/1811. Le voilà bientôt officier puisqu'il est nommé sous-lieutenant le 8 février 1813, et enfin lieutenant le 12 juillet 1813. Nous disposons d'ailleurs des documents attestant de cette dernière nomination.

    Nomination Lieutenant Boillot

    Nomination Lieutenant Boillot

    Nomination Lieutenant Boillot

    Cette période de sa vie lui aura permis de visiter l'Europe, puisque son Etat de Services précise qui'il a fait la campagne de l'An 12 "sur la côte de l'Océan", de Vendémiaire An 14 (Septembre 1805) à 1807 on le trouve en Allemagne, de 1808 à 1813 en Espagne. C'est là qu'il est nommé lieutenant au titre de l'Armée Impériale du Portugal. On peut donc imaginer qu'il a aussi arpenté ce pays. La campagne de 1814 le voit sur les Pyrénées et celle de 1815 sur les bords de la Moselle. L'histoire ne dit pas s'il était à Waterloo. 

    Voici le tableau de ses Etats de Service ainsi qu'un certificat établi à sa demande par les autres officiers du régiment.

    Etat de Service Boillot

    Etat de Service Boillot

     

    En dessous du tableau on peut lire la mention suivante :

    "Certifié par Nous Membres du Conseil d'Administration le présent état de service Sincère et Véritable. Le Conseil atteste en outre qu'il n'est pas à sa connaissance que Mr Boillot ait contracté aucun Engagement de mariage.
    A Riom le 16 Septembre 1815"

     

    Certificat Boillot

    Certificat Boillot

    Avec la chute de l'Empire consécutive à la défaite de Waterloo, les affaires se gâtent pour les soldats des armées impériales, et le 69ème Régiment de Ligne est licencié, comme beaucoup d'autres je suppose. Voilà l'état des sommes dues à Pierre Marie Boillot à cette occasion. 

    Etat sommes dues Boillot

    Sommes dues Boillot

     

    A partir du 16 septembre 1815, Pierre Marie Boillot a été licencié de son régiment lui-même dissout, il fait partie des "demi-soldes" dont nous avons beaucoup entendu parler dans nos livres d'Histoire.

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    Cliquez sur le lien pour la page suivante «pierre-marie-boillot»

     


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  • Nous avons vu que depuis le 16 septembre 1815 Pierre Marie Boillot est un officier "non en activité" ou encore "en demi-solde". Nous savons également par son Etat de service qu'il est célibataire. Son régiment a été licencié à Riom, est-ce pour cela qu'il va épouser une fille de la région ? En tout cas c'est là que nous le retrouvons en 1816 pour son mariage. Nous commençons par le contrat de mariage daté du 14 février 1816 que vous trouvez ci-dessous.

    Contrat mariage Boillot-Rozier

    Contrat mariage Boillot-Rozier

    Contrat mariage Boillot-Rozier

    Qui est l'heureuse élue? Elle s'appelle Claudine Rozier, est née le 30 juillet 1782 ... à Artonne, mais oui !!! Elle est la fille de Thomas Gilbert, notaire royal à Artonne et de Anne Lacoste. Son acte de naissance figure ci-après.

    Rozier Claudine Naissance

    Claudine Rozier fait partie d'une fratrie de 12 enfants, dont au moins 3 frères vivants, Guillaume alors percepteur à Artonne, Jean Baptiste Michel percepteur à Champs, et Jacques Justin propriétaire à Artonne.

    Préalablement à son mariage elle vend quelques terres à son frère Guillaume, comme cela était prévu dans le contrat de mariage.Voici l'acte de vente.

    Claudine Rozier vente

    Claudine Rozier vente

     

    Claudine Rozier vente 

    Le mariage de Pierre Marie Boillot et Claudine Rozier est célébré à Artonne le 5 juillet 1816. Pourquoi un tel délai entre la date du contrat et celle du mariage ? A-t-on attendu l'accord officiel du Ministre de la Guerre son Excellence le duc de  Feltre ? Ce dernier a pourtant donné la permission de mariage le 12 avril 1816, c'est écrit dans l'acte de mariage ci-dessous. 

    Mariage Boillot-Rozier

    Mariage Boillot-Rozier

    Mariage Boillot-Rozier

     Nous disposons d'une copie de l'acte de mariage établi par la Mairie et contresignée par le sous-préfet, mais je vous en fais grâce !!!

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    Quoi qu'il en soit la mariée devait être un peu ronde le jour de son mariage car elle donne naissance le 13 octobre 1816, à Besançon (Doubs) à son fils Thomas Gilbert, dont voici l'acte de naissance.

    Gilbert Thomas Boillot Naissance

     

    Nous disposons également d'un acte "semi-authentique" signé par Pierre Marie Boillot attestant du baptême de Gilbert Thomas le 15 octobre 1816 à la paroisse Saint-Pierre à Besançon. Son parrain est son grand-père Thomas Gilbert Rozier, sa marraine sa grand-mère Magdeleine Ferriot, respectivement représentés par Henry Boillot et Marianne Boillot, dont nous ne connaissons rien par ailleurs. 

    Gilbert Thomas Boillot Baptême

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    Les Rozier, une (grande?) famille d'Artonne

    Pour faciliter la compréhension je joins un arbre généalogique de la famille Rozier. Vous pouvez l'agrandir en cliquant sur les flèches de la marge supérieure, ou même le télécharger.

    On relève que de nombreux enfants Rozier ne survivent pas plus de quelques semaines ou quelques mois. Je pense aussi avoir "loupé" sur l'état civil quelques décès en bas âge, pas toujours faciles à voir. Par ailleurs on note que les deux frères Guillaume et Jean Baptiste Michel ont épousé deux sœurs de la famille Rouher, Marie Jeanne et Marie Suzanne. De ce fait la famille Rozier est apparentée à la famille Rouher, bien connue dans la région.

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  • De retour à Besançon après son mariage Pierre Marie Boillot établit le 24 novembre 1816 une requête pour essayer de prouver qu'on lui avait promis et qu'il méritait (!?) la Légion d'Honneur à plusieurs reprises au cours de sa vie militaire. Et il fait contresigner cette demande par plusieurs officiers de son ancien régiment. Voilà ce document.

    Requête LH

    Requête LH

    Requête LH

    Le 20 février 1817 il est autorisé à jouir du traitement de non-activité attribué à son grade.

    Le 24 avril 1817 il est autorisé à fixer son domicile à Artonne

    Domicile

    De mes souvenirs scolaires, qui sont bien lointains, il me semble que les demi-soldes n'étaient pas grassement payés, et Pierre Marie Boillot devait bien subvenir aux besoins de sa femme et de son fils. Est-ce pour cela qu'il est venu s'installer à Artonne ? La vie était-elle plus facile auprès de sa belle-famille ? Toujours est-il que nous le retrouvons en 1819.

    Capacité Enseignement primaire

    Autorisation Enseignement primaire

    Oui vous avez bien lu : le 4 septembre 1819 il se retrouve instituteur à Saint-Myon, à deux pas d'Artonne. Je dédie ces deux documents à tous ceux qui galèrent de nos jours pour passer le concours de professeur des écoles !!! 

     Avait-il la vocation ? Ce n'est peut-être pas si sûr car un an plus tard, le 5 septembre 1820 il est autorisé à habiter à Paris. Pour quelle activité ? Nous l'ignorons.

    Paris

    Et le 31 octobre 1820 nous apprenons qu'il a été passé en revue, ce qui lui permettra de continuer à recevoir le traitement attribué à son grade.

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    Le document suivant nous permet de retrouver Pierre Marie Boillot le 6 mai 1826, Il habite maintenant Pouilly-sur-Saône, petite commune de Côte d'Or du canton de Brasey-en-Plaine, à proximité de Seurre. Il est question du paiement de son traitement de demi-solde.

    Le traitement des demi-solde est en train d'évoluer, le pouvoir le règlant par l'ordonnance royale du 21 mars 1828, confirmée le 2 mai suivant à Pierre Marie Boillot par le document ci-après.

     Ordonnance royale

    Ordonnance royale

    Et depuis le 1er juillet 1828 il reçoit une pension annuelle de 450 francs, dont il a confirmation le 14 mars 1829.

    Pension annuelle

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    Le 8 août 1830 le maire de Pouilly-su-Saône établit ce certificat "d'honneur et probité" dont nous ne connaissons pas l'usage.

    Certificat Mairie

    Le premier novembre 1831 Pierre Marie Boillot est élu Capitaine en 1er de la Compagnie de la Garde Nationale de Pouilly-sur-Saône. Rappelons que Louis-Philippe est Roi des Français depuis un peu plus d'un an.

    Garde Nationale

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    Le 12 août 1835 il est question de retraite ...

    Retraite ?

    Retraite ?

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    Le certificat ci-dessous est établi par M Mollerat de Pouilly, Directeur de la Manufacture de Pouilly le 8 juillet 1838. Je vous le décrypte ci-après :

    Je certifie que Monsieur Boillot (Pierre Marie) ancien officier a été à mon service pendant dix neuf ans, et que pendant ce temps, il s'est conduit d'une manière convenable sous le rapport du travail et que sa probité est irréprochable sous tous les rapports.

    En foi de quoi je lui ai délivré le présent certificat pour lui servir en cas de besoin.

    pp de Mollerat de pouilly                                        
    Laurent                                                         

    Vu par nous Maire de la commune de Pouilly sur Saône pour la légalisation de la signature ci-dessus

    Pouilly sur Saône le 8 Juillet 1838

                                               Trivier

    Certificat Manufacture Pouilly

    Une question au passage : si vous calculez bien, 19 ans par rapport à la date de ce document, cela nous ramène à 1819. Alors, qu'est-ce que Pierre Marie est allé faire à Paris en 1820 ? Travaillait-il déjà pour la même entreprise ?

    Autre remarque : nous retrouverons le nom de Mollerat ultérieurement, dans les relations de Thomas Gilbert Boillot.

    - o -

    Vous trouverez ci-après le projet ou le double d'une lettre datant probablement de la fin de l'année 1848. En effet il y est précisé que Pierre Marie Boillot (même s'il n'est pas nommé, c'est de lui qu'on parle) vient d'avoir 61 ans, or il est né le 9 juin 1788. On y parle également de République, nous sommes donc bien sous la IIe République. Enfin on y parle d'un décret du 16 septembre de la même année. Cette lettre reprend en termes presque identiques les arguments développés le 24/11/1814 (cf en début de cette page) par les officiers de son régiment concernant l'attribution de la Légion d'Honneur. Cette fois il demande la concession d'un bureau de tabac.

    Monsieur le ministre des finances

    Le soussigné a l'honneur d'invoquer votre sollicitude en faveur d'un ancien militaire que ses fatigues et maladies, résultat des souffrances éprouvées dans les laborieuses campagnes de l'Empire de 1804 à 1815 ont mis dans l'impossibilité de subvenir à ses besoins matériels.

    Tant que ses forces lui ont permis de s'occuper pour vivre, il s'est abstenu de faire aucune demande de secours à l'Etat ; pourvoyant  à son existence par le salaire de son travail et la modeste pension qu'il recevait à titre de traitement de réforme.

    Aujourd'hui qu'il a atteint l'âge de 61 ans et qu'il lui est impossible de trouver de l'occupation à cause de ses infirmités, il se trouve forcé de s'adresser au gouvernement de la République pour l'aider dans les derniers jours de son existence.

    En conformité des prescriptions du décret du 16 7bre [septembre] dernier, il expose ci-bas les titres qui peuvent lui donner droit à une demande de secours qu'il fait en la concession d'un bureau de tabac.

    Enrôlé volontaire à l'âge de 16 ans il a fait les campagnes des années 1806 et 1807 en Allemagne 1808-1809-1810-1811-1812-1813 en Espagne 1814 aux Pyrénées et celle de 1815 à l'armée de la Moselle. Le certificat ci-joint fait foi de ce qu'il atteste. Il a reçu plusieurs blessures qui ne l'ont pas mis dans le cas de mutation -heureusement- bien que leur effet se fasse sentir encore journellement.

    Il a été proposé pour la décoration 

    1° à l'affaire d'Irapilu le 23 mai 1812 étant adjudant sous-officier.

    2° à la bataille de Toulouse le 10 avril 1814 -au milieu de l'action- le lieutenant général Baron d'Arricau présenta au soussigné commandant la compagnie de voltigeurs le ruban de la Légion d'Honneur qu'il détacha de son habit en témoignage de la bravoure qu'il venait de montrer sous ses yeux et aux yeux de toute l'armée. Le soussigné fut proposé le lendemain 11 avril par le Conseil d'Administration pour la décoration et l'emploi d'adjudant major.

    3° Compris sur l'état de MMrs les officiers du régiment proposés à Sa Majesté pour la décoration à la réorganisation en 1814. Cet état fut présenté à Monseigneur le duc de Berry, à la Revue que son Altesse passa du régiment à Metz peu après son organisation et elle n'accorda la décoration qu'à ceux de MMrs les officiers venant à la Revue, et le soussigné fut privé de cette faveur spéciale, étant alors absent et détaché avec sa compagnie au fort de Bitche.

    Les événements amenés par la rentrée des Bourbon en 1814 et 1815 ont empêché la confirmation de sa nomination comme Légionnaire.

    L'exposé de sa situation lui fait espérer que Monsieur le ministre des finances, reconnaîtra la suffisance de ses titres, à l'obtention de sa demande.

    Dans cette espoir j'ai l'honneur d'être

    Monsieur

    Votre très humble serviteur

    Rien ne dit que satisfaction ait été donnée à cette demande.

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    Vous trouverez ci-après une lettre du Secrétaire Général de la Grande Chancellerie de l'Ordre Impérial de la Légion d'Honneur adressée à "Monsieur Rouher, Vice-Président du Conseil d'Etat, Président de la section de Législation, de la Justice et des Affaires Etrangères" en date du 18 janvier 1855. Où l'on découvre que Pierre Marie Boillot n'a toujours pas renoncé à se voir attribuer cette distinction. Il a alors près de 67 ans et on peut penser que sa retraite serait bien améliorée avec les à-côtés liés à la médaille.

    Le fait que Claudine Rozier, épouse de Pierre Marie Boillot, ait deux belles-sœurs Rouher a probablement joué un rôle dans cette ultime tentative (voir à ce sujet le bas de la page pierre-marie-boillot)

    Légion d'Honneur

    Légion d'Honneur

    Légion d'Honneur

    J'imagine qu'il s'agit de l'épilogue de la démarche entreprise 41 ans avant, le 26/11/1816, pour faire reconnaître son droit à cette distinction qu'il n'a jamais obtenue.

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    Claudine Rozier, femme de Pierre Marie Boillot et mère de Gilbert Thomas, meurt le 15 juin 1855 en son domicile d'Artonne, où le couple était venu finir ses jours. Elle avait 72 ans. Voilà son acte de décès.

    Rozier Claudine Décès

    Pierre Marie Boillot est décédé le 13 septembre 1859 également à Artonne. Il était âgé de 71 ans. Vous trouverez ci-après son acte de décès

    18590913 Boillot Pierre Marie Décès

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